Bonne année des Antilles ! (Martinique & Grenadines)

Voilà déjà presqu’un mois que nous sommes arrivés dans les Antilles. Après 15 jours de transat sans voir un bateau, l’arrivée à Sainte Anne où mouillent des centaines de voiliers est assez déconcertante. Mais on profite des professionnels et des ships du Marin pour bricoler, réparer, améliorer le bateau pour la suite du voyage. On sort le bateau pour le caréner et remettre un nouvel antifouling. Notre budget mensuel, bien respecté entre le Cap Vert et la transat, explose complètement !

Le 19 décembre, c’est la smala du Jeu qui débarque au grand complet pour Noël et 10 jours au Club Med. Changement de décors et d’ambiance : c’est la fête des douches, du buffet à volonté, des caïpis et des ti punch! Plus de vaisselle à l’eau de mer, ni de chasse au sel et au grain de sable. Les vacances ! Et la joie de voir la famille et de partager de beaux moments avec eux !

Arthur en profite pour kiter un peu, Sophie plonge, Titouan se met au ski nautique, les kids font de la bouée tractée, Balthazar commence à lâcher le gilet et à nager sans rien (enfin!!)

De Sainte Anne, on explore également un peu la Martinique : sortie aux Salines sur notre bateau, randonnée sur la Montagne Pelée, visite de l’Habitation Clément (merci à Yapluka pour l’expertise ès distilleries de rhum et le bon conseil!)…

Le 29, on doit laisser partir mes parents, les Bars et Sophie? Sniff…

Après une 3e dose de vaccin pour les parents et des tests PCR pour toute la famille, destination les Grenadines ! On arrive le 31 à Bequia (prononcez Békoué) juste à temps pour réveillonner avec Aria.

Le 2, on navigue bord à bord avec Aria entre les îles de Bequia et de Mayreau. Les conditions idéales nous permettent une petite course agrémentée de séances photos. Super sympa même si on finit par perdre le match ! (Merci aux Allemands de Civetta qui ont navigué à côté de nous et ont photographié ce joli moment)

Les Grenadines sont un archipel composé de dizaines d’îles à quelques milles de distance. C’est assez paradisiaque : l’eau turquoise, les cocotiers, le sable fin, les paillotes à langouste sur la plage, les barques colorées… mais on n’est pas tout seul ! Loin de là… les bateaux se touchent presque, les enceintes crachent de la techno sur la plage. On ne restera donc qu’une nuit à Salt Whistle Bay, le temps de déguster une délicieuse langouste, et on file mouiller au vent de Mayreau dans une passe protégée par une ceinture de corail. C’est venté mais la houle n’entre pas, et, surtout, on est tout seul ! Meltem nous rejoindra le lendemain dans ce petit paradis. Après l’école, on passe aux activités nautiques : séance de kite pour Arthur, Timothée s’essaie à la planche à voile (et se découvre une vraie passion), Victor et Isaure enchaînent les séances de wing foils, et snorkeling pour tout le monde. On sort la canne à pêche offerte par Olivia et Sophie. Pour l’instant sans succès. Le soir, c’est apéro sur un bateau pendant que les enfants dînent sur un autre. On est au top !

Direction les Tobago Cays, LE spot des Grenadines. Un petit chapelet de minis îlets inhabités qui forment une crique turquoise où le mouillage est parfait. Certes un peu de bateaux mais tout à fait supportable. Le snorkeling y est top : raies, baracudas, tortues, poissons de toutes les couleurs… Les îles abritent des iguanes et des oiseaux. Balthazar se met au snorkeling aussi et découvre assez excitation le magnifique monde sous-marin des lieux. Les cours de planches à voile se poursuivent sous la supervision de Nicolas, dont on loue la patience et la pédagogie. Les garçons progressent vite.

On poursuit nos sauts de puce avec Aria. Chaque petite navigation est l’occasion d’une petite régate Girotondo/Aria, et notre RM se défend plus que bien face à l’Allures 45.9. Et chaque mouillage offre un nouveau spot de snorkeling ou de kite : Morpion, Petit Saint-Vincent, Frigate Bay… Il va falloir quitter les Grenadines et Aria, puis on filera rejoindre Zila, un autre bateau copain, plus au Nord. Rendez-vous est donc pris en Guadeloupe pour sillonner le nord de l’arc antillais…

Traverser l’Atlantique : Check !

Et voilà, c’est fait ! Après 14 jours de navigation sans voir une terre, nous voici arrivés de l’autre côté de l’Océan Atlantique ! On est contents, fatigués, fiers, émus, soulagés, excités… bref heureux !

Nous sommes donc partis de l’île de San Nicolau au Cap Vert le 1er décembre sous les cornes de brume d’Alterego et d’Aria, et la musique de « Go West » à fond (quel à propos cette playlist!). On se console de l’absence d’Antoine et Charlie comme on peut…

Quelques minutes après le départ, nous traversons un banc d’une cinquantaine de dauphins qui, pendant un bon moment, nous accompagnent et jouent les acrobates autour du bateau. Des bonds, des saltos comme jamais nous n’en avions vus… On se sent remontés à bloc et sous de bons auspices pour démarrer cette transat. Deux heures plus tard, la manille de la drisse de la trinquette pète. Finalement mieux vaut ne pas se fier aux signes. On enroule en vitesse. Bon on ne naviguera qu’avec le génois… A priori on ne devrait pas avoir de gros coups de vent mais c’est quand même un peu gênant, il ne faudrait pas qu’on ait de souci avec le génois !

Les premiers jours nous avons eu une mer assez forte et un ciel plutôt gris. Ça bouge pas mal dans le bateau mais tout le monde s’amarine bien. Et nous n’aurons aucune malade de la traversée. Le vent est bien établi entre 17 et 20 nœuds, et on avance donc très bien. Petits surfs de 12 nœuds. Le skipper est content !

La petite routine s’installe : petit déjeuner avec pain maison, pancakes (merci Meltem pour la bonne idée!) ou quatre-quart, reprise de l’école le matin, petit texto satellite avec Aria pour échanger sur le menu du soir… On regarde un film un jour sur deux, on cuisine (même si c’est toujours un peu sport avec ces vagues!), on fabrique des masques, on dessine des cadavres exquis… Les garçons ont trouvé leur rythme : ils jouent beaucoup tous les 3, transforment le carré en cabane ou en stations de ski, font des courses de vélo sur la table du cockpit, lisent pas mal… Les nuits s’enchaînent avec leur quarts sous les étoiles. Nos plages de sommeil pendant les quarts s’allongent au fur et à mesure que l’on s’éloigne des côtes.

On reçoit quelques news d’autres bateaux copains en transat également. Tous sont un peu secoués par les vagues mais tout le monde va bien. On apprécie aussi beaucoup les petits mails reçus de France, seuls liens avec le monde extérieur, sinon on est vraiment coupé de tout.

Petit coup de mou au niveau du vent et du moral à mi-parcours. 2/3 jours de molle (vent redescendu à 10 nœuds) nous dépriment un peu. Il faut accepter qu’on arrivera que le 15 ou le 16 alors qu’on pensait arriver le 14. La fatigue accumulée commence à se faire sentir aussi après 8 jours de nuits saccadées. Et côté parents, on commence à trouver le temps un peu long.

Mais la 2e partie de la traversée repasse vite dans la bonne humeur. Arthur se met à la philo (en réalité, il aura lu ce magazine 17 minutes le dernier jour !). Les garçons sont épanouis et vivent très bien la transat. Titouan nous affirmera qu’il ne s’est pas ennuyé une seconde. Ils étaient même prêts à prolonger ! On a réussi à finir le programme scolaire de la période. On s’avance donc un peu pour pouvoir profiter à fond des Antilles en arrivant. Instits et élèves auront mérité leurs vacances !

Côté bestiaire, nous n’aurons vu aucune grosse bestiole, en dehors de deux grands bancs de dauphins le premier jour. Par contre, c’est le festival des poissons volants. Tous les matins, il faut nettoyer le pont des 4 ou 5 cadavres de kamikazes échoués pendant la nuit. On se prendra même chacun à notre tour un poisson volant en plein thorax pendant qu’on barrait dans la nuit noire ! Surprenant et odorant !!! Même insatisfaction côté pêche : pas une touche alors qu’on a sorti la traîne quotidiennement jusqu’au jour 12 ! A la fin, on a lâché l’affaire car on ne pêchait que de la sargasse et toujours rien à se mettre sous la dent ! Assez désespérant, on fait pourtant tout comme les autres mais on reste maudit de la pêche…

Heureusement que l’avitaillement pré transat a été bien complet. Jusqu’au dernier jour nous aurons des légumes frais et nous avons à peine tapé dans les réserves de boites de conserve faites en Europe. Globalement on a même plutôt bien mangé (même si très végétarien à défaut de poissons, heureusement qu’on avait des réserves de chorizo!) : cakes, quiches, risotto, lasagnes, couscous, curry de légumes, focaccia,…

Côté navigation, on a eu quelques soucis à installer le tangon pour tenir un bon ciseau et filer en ligne direct vers la Martinique. On perd ainsi un peu de temps les deux premiers jours en étant contraints de descendre un peu trop au Sud. Arthur a pas mal bricolé et finit pas trouver l’installation idéale qui tiendra jusqu’à l’arrivée. On n’aura sorti le spi qu’une journée alors qu’on l’a porté tous les jours lors des autres traversées. Avec les vagues, difficile de le tenir et ça finit en magnifique coquetier. On est bon pour un ferlage complet. 150 m² de voile dans un carré d’une dizaine de m², ça passe !

L’avant dernier jour, on hisse les couleurs de la Martinique. L’excitation monte. On espère arriver le lendemain avant la nuit. On profite des derniers couchers de soleil, de la dernière nuit en navigation… Timothée scrute l’horizon. La vue de la terre au jour 14 est un moment assez exceptionnel. On danse à bord sur nos tubes italiens. On arrive à Sainte Anne juste avant le coucher du soleil. Champagne et rhum cap verdien pour fêter l’arrivée… Joie de faire enfin une nuit sans réveil ! A la Martinique, on retrouve pas mal de bateaux connus. Et la tribu du Jeu devrait débarquer d’ici peu. On va essayer de se mettre dans l’esprit Noël. Pour l’instant, on s’en sent très loin !

Quelques chiffres :

Distance : 2.230 milles parcourus (5.200 depuis le 22 juillet)

Vitesse : 6,5 nœuds de moyenne

Bateau vu pendant la traversée : 1 (au 3e jour, un voilier sous grand voile seule, on papote un peu à la VHF puis on le dépasse)

Douche prise en 15 jours (ou plutôt seau d’eau de mer à l’arrière) : 3 pour les parents, 1 pour Titouan, 0 pour Tim et Balt

Poisson pêché : 0

Température de l’eau : 27,5 °C (ça c’est cadeau!)

Sao Vicente & Santo Antao, en attendant la transat…

Après Sao Nicolau, nous avons débarqué sur l’ile de Sao Vicente à Mindelo le 13 novembre. Après nos petits mouillages tranquilles et sans touristes, Mindelo offre un visage très différent. Plus d’une soixantaine de voiliers attendent ici avant de traverser, finissent de bricoler, scrutent les fenêtres météo, finalisent leur avitaillement… L’ambiance à bord des bateaux fluctue entre impatience, inquiétude et excitation.

Mindelo est une ville beaucoup plus cosmopolite et dynamique. On profite de ses restaurants, ses bars, ses marchés, d’un vrai glacier italien, de la bibliothèque de l’Alliance Francaise qui autorise les garçons à emprunter des livres, des plages de tortues…

Rémi nous rejoint pour une semaine. Avec lui, on se rend à Santo Antao, l’île en face de Mindelo. Le trajet se fait en ferry (on laisse 4 jours Girotondo au mouillage), car l’ile est très escarpée et offre peu d’abris protecteurs pour les voiliers. On y fera de magnifiques randonnées. Mention spéciale pour la Ribeira de Paul et la Ribeiro de Torre. On y trouve également le meilleur resto du Cap Vert, chez Ady et Juju. Les garçons jouent au Uno avec leurs enfants, Ady nous régale de son rhum maison et Juju de sa cuisine délicieuse. Merci à Zila pour la reco !

Dans le ferry retour, on rencontre trois nouvelles familles sur l’eau (Aria (des Nantais!), Agapée et Mobius). Tous très sympas et toujours partants pour les apéros. On avait déjà ajouté Anita et Federico (et leurs antipasti inoubliables !) à la longue liste de nos camarades de jeux. Elle est plutôt très joyeuse la tribu des navigateurs.

En attendant Antoine et Charlie, on décide de retourner à Sao Nicolau avec nos copains d’Aria (Isaure, Victor, et leurs enfants Léon et Marthe) pour se mettre à l’abri d’un bon coup de vent. Alterego nous y attend depuis quelques heures, et tout le monde se retrouve sur la sublime plage de Baixo Rocha pour un barbecue des poissons pêchés le matin même.

On kiffe, et c’est à ce moment que la mauvaise nouvelle tombe. Antoine est positif est Covid. Lui et son fils ne pourront pas nous rejoindre pour la transat. Énorme déception à bord. Tout ça nous semblait si loin !

Le soir, notre annexe a la bonne idée de se retourner sous l’effet d’une rafale, et notre moteur hors bord se retrouve sous l’eau. Heureusement Victor s’y connaît en démontage de moteurs et s’y colle le lendemain !

Désormais plus rien ne nous retient ici. On part donc demain pour la Martinique !!!

Juste avant Arthur décide de changer de look. Premier essai à la tondeuse : c’est pas brillant mais heureusement on ne va voir personne pendant 15 jours !

On en profite pour vous dire qu’on ne sera pas joignable par tel, whatsapp ou mails classiques pendant la traversée. Vous pouvez nous envoyer des mails à l’adresse suivante : girotondo@myiridium.net ça nous fera plaisir d’avoir des nouvelles. Mais surtout pas de photos, vidéos, pièce jointe… ça bloquerait notre connexion et on a besoin de la météo ! Par contre vous pourrez envoyer du texte à profusion.

On vous donne des news de l’autre côté.

A très vite…

Sao Nicolau, deuxième étape cap-verdienne (du 31 oct. au 13 nov.)

Sao Nicolau est une île du Cap-Vert à mi-chemin entre Sal et Sao Vicente, chantée par Cesaria Evora (« Sodade, dess nha terra Saniclau » (pour que vous l’ayez un peu dans la tête !), qui signifie  » nostalgie de mon pays Sao Nicolau »). Et ça a été un véritable coup de cœur pour tout le monde ici. On y a passé 10 jours magiques et c’est presque avec regret qu’on a quitté l’île pour rejoindre la vibrante Mindelo sur Sao Vicente.

Avant tout pour les gens. On y a rencontré de très jolies personnes, à terre et sur l’eau. Tout d’abord grâce à Nawaks, un autre bateau, on rencontre Teresa et Amelindo qui gèrent, après l’école, un centre éducatif et culturel pour les gamins de Tarrafal. Très gentiment, ils accueillent nos gars pour des après-midi fabrication de colliers, initiation au monocycle ou au jonglage, et bien sûr football !

Amelindo emmène même une fois les enfants à l’école. Ils ont découvert les uniformes, le sport en plein cagnard et l’absence de récréation de 14h à 17h. Au final, ils se sont terriblement ennuyés !!! Si seulement cela pouvait les remotiver pour les petites sessions quotidiennes d’école à bord…

En se promenant sur l’île, on a également rencontré le super équipage d’un nouveau bateau, Zila, composé de Camille et Hervé, qui organisent des croisières kitesurf sur leur catamaran. Grâce à eux, nous rencontrons également Aylton et Enike des pêcheurs cap-verdiens. Tous ensemble, nous partons pêcher une journée dans les petites îles au large de Sao Nicolau. Ils enchaînent les prises au harpon : garoupas, murènes… Et ils cuisinent même les prises pour un déjeuner au top. Les enfants découvrent avec délice une spécialité cap-verdienne, la murène frite, qu’on peut manger avec les doigts, le kiff ! Ils reviennent pour un café à bord le lendemain avec leurs neveux. Puis deux jours plus tard, Aylton nous invite chez lui pour son anniversaire (23 ans). L’alcool étant trop cher pour eux, l’ambiance est plutôt enfumée ! On se régale de poissons grillés hyper frais et de riz aux fruits de mer. On baragouine un peu entre le français, le portugais et le créole, mais ça reste de très beaux moment d’échanges.

Sao Nicolau, ce sont aussi de superbes randonnées. L’île est très verte au centre. L’ascension au point culminant de l’île, le Monte Gordo, permet de bien visualiser les versants arides d’un côté et les vallées verdoyantes de l’autre.

Quelques jours plus tard, on se fera une des plus belles randonnées de l’île, mais avec un sacré dénivelé : 988 m en positif et 988 m en négatif. Heureusement qu’on a retrouvé Meltem et leurs 3 gars jumeaux des nôtres, ça motive les troupes à marcher. On découvrira aussi quelques sites magiques : les falaises sculptées par le vent de Carberinho, les piscines naturelles de Juncalinho…

Notre passage sur l’île se termine par deux jours magiques au mouillage de Baixo Rocha. Tous seuls face à une plage sauvage et magnifique. Les nuits sous les étoiles, et les journées dans l’eau à observer des milliards de poissons. Les garçons sont désormais piqués au virus du snorkeling. Il y a même des tortues. Pas de requin heureusement, alors que d’autres ont en vu plusieurs là bas. Un matin, Enike et son cousin Elder débarquent avec leur barque de pêcheurs. Ils embarquent les garçons pour une démonstration de voile cap-verdienne (la débrouillardise et la récupération poussée à ce niveau nous laissent songeurs!) Ils ont pitié de notre maigre pêche et nous offrent deux beaux poissons pour compléter notre déjeuner !

Nous resterons stupéfaits par la gentillesse et l’accueil des habitants du Cap Vert en général, et de Sao Nicolau en particulier. Ils appellent ça la morabeza, et ça n’est vraiment pas un concept de marketing touristique mais une réalité quotidienne.

Après cette escale magique et authentique, on part vers Mindelo, sur l’île de Sao Vicente. Mindelo, c’est le point de départ de la plupart des voiliers qui transatent, et cela depuis des siècles. Le port est donc plutôt synonyme de nombreux bars et de nuits festives, d’une population plus métissée (le legs des marins européens passés par les bordels de Mindelo), et de nombreux touristes (les voileux bien sûr, mais aussi les randonneurs car c’est depuis Mindelo qu’on peut accéder à la grandiose Santo Antao, paradis des marcheurs). Bref ça va nous changer !

Sal, première étape du Cap Vert

Après une traversée assez tranquille sur 6 jours, nous sommes arrivés le 22 octobre à Palmeira, petit port du nord de l’île de Sal. En fait de port, il s’agit d’une zone protégée par une digue où mouillent une dizaine de voiliers au milieu des bateaux de pêche cap-verdiens et d’un ou deux cargos. Il n’y a ni ponton, ni eau, ni électricité mais un sympathique Tatao sur un zodiac à moitié gonflé qui t’explique où mouiller et t’annonce que tu ne peux pas descendre du bateau tant que le « docteur » n’a pas vérifié ton pass sanitaire et ta température. Mais quand passe le docteur reste un grand mystère. Et comme le docteur a dit « wait wait » au téléphone, on n’a pas d’autre choix que d’attendre… On apprend que le « docteur » viendra avec l’arrivée du ferry, mais personne ne sait quand arrivera le ferry ! Bref, on a changé de continent ! 24 heures plus tard, le ferry et le docteur arrivent enfin. Et on peut débarquer après un contrôle exigeant : les photocopies des pass sont validées sans contrôle de nos identités, et nos températures sont prises sur la paume de la main ! Mais nous sommes autorisés à déambuler sur l’île, nous sommes ravis, surtout Gwenaël à qui il ne reste que quelques heures pour profiter du Cap Vert avant de s’envoler vers la France. On passe sur les contrôles d’entrée du bateau au commissariat, les rhums offerts à 8h du matin par la femme du policier, et les « il faudra revenir demain, car le monsieur des tampons il est pas là »…

Palmeira est une petite ville plutôt agréable et préservée du tourisme de masse. Les pêcheurs s’activent dès 6h30 du matin à 2 mètres du bateau, mais, en contrepartie, on découvre de supers bons poissons. Mention spéciale pour le Esmoregal. Le samedi soir, les percussions animent les rues. De là, on découvre une partie de l’île : Espargos, les anciennes salines (où Balthazar nagera sans brassard ni bouée ! Les joies de l’eau hyper salée)… Et on y retrouve avec plaisir Charlotte, Albert et Jeanne qui passeront une semaine à bord avec nous.

On descend mouiller dans une baie complètement sauvage, la baia de Mordeira. Où on découvre, après s’être baigné, qu’un requin aime bien y traîner ! (il est entouré en rouge sur la photo, on n’a pas réussi à beaucoup s’approcher). Sur la plage, on assurera aussi le sauvetage d’un bébé tortue tout desséché qui n’avait pas réussi à atteindre l’eau. Sauvetage sans doute provisoire vu l’état de la petite bestiole, mais bon on aura eu l’impression d’être des héros de la biodiversité pendant 5 minutes !

Puis nous passerons quelques jours au sud de l’île à Santa Maria, qui a beaucoup changé depuis le passage d’Arthur, Manu et Greg en 2003. Et malheureusement pas vraiment en mieux. Les resorts pullulent, remplis d’occidentaux ventripotents. Le cœur de Santa Maria garde quand même quelques restes de vie cap-verdienne authentique comme le ponton de débarquement des pêcheurs où défilent les barquasses qui débordent de thons, poissons perroquets, garoupas… C’est à Santa Maria qu’on laissera, le 30 octobre, Charlotte et ses enfants qui restent encore quelques jours à Sal pendant que nous filons vers Sao Nicolau. Une nouvelle île qui nous promet vallées verdoyantes et absence de resorts !

Les rédactions de la traversée

Qui dit traversée ne dit pas fin de l’école pour les garçons. Par contre, elle peut prendre de nouvelles formes comme l’écriture d’articles de blogs…

Voilà leurs productions :

La traversée Canaries Cap-Vert

par Titouan

Nous sommes partis le 16 octobre de la Gomera.

Nous avons vu des poissons volants et des dauphins, notre grand père est à bord c’est marrant car nous changeons tout le temps de chambres.

Je suis content d’être parti car j’avais hâte de découvrir le Cap-Vert, et maintenant je trouve la traversée trop longue car nous sommes partis depuis cinq jours et il reste encore une journée de navigation.

Nous faisons du 6 nœuds de moyenne sous spi. La plupart du temps je m’ennuie sinon je joue avec Timothée et Balthazar.

Rando de Guayadeque

par Timothée

Aux Canaries, on a fait beaucoup de randonnées. Par exemple celle du Barranco de Guyadeque, sur l’île de Gran Canaria. Nous avons loué une voiture et nous nous sommes rendus à ce lieu. Nous commençons à marcher doucement. Pfff il faisait chaud. Mais le panorama était magnifique !!! Des cultures de roseaux poussaient à 2 cm du chemin. Et il y avait un ruisseau au milieu. Nous y trempions nos casquettes et les mettions sur la tête. Nous avons mangé des figues de barbarie. Il y avait pleins d ‘épines dessus. Et aussi nous avons mangé des amandes cueillies sur le chemin. Elles étaient chaudes et pas très bonnes.

Il faisait tellement chaud que Papa est parti en courant à la voiture et est venu nous chercher.

Puis nous sommes allés dans un très bon restaurant avec une vue splendide.

Canaries (suite et fin) : Gran Canaria, Tenerife et la Gomera

Pendant que nous naviguons vers le Cap Vert, petit retour en arrière sur nos quinze derniers jours aux Canaries.

Après Fuerteventura, nous nous sommes rendus à Gran Canaria fin septembre. L’île offre peu de refuge pour les voiliers. Nous allons donc mouiller une bonne semaine juste à côté du port de Las Palmas. La première journée sera organisée autour d’un conseil de famille ! L’occasion de faire redescendre les quelques tensions des derniers jours et de remotiver les garçons sur l’école et la vie à bord. On aborde ouvertement toutes les possibilités (rentrer à Nantes, arrêter l’école et redoubler en rentrant…). Ce fut un bon moment de discussions familiales qui a porté ses fruits depuis !

On profite aussi de cet arrêt pour refaire le plein de denrées non périssables.

Ensuite, nous louons une voiture pour 3 jours pour explorer l’intérieur de l’île qui offre beaucoup plus de possibilités que ses côtes. Magnifiques randonnées pour aller voir les sommets du Roque Nublo et du Pico de Las Nieves, arpenter le barranco de Guyadeque (canonissime mais très très chaud!), et courir dans les dunes de Maspalomas au sud de l’île.

On profite aussi de cette escale pour partager apéros et barbecues avec les bateaux copains. On retrouve avec plaisir l’équipage de Meltem (rencontré lors d’une formation à Lorient) et leurs 3 gars de l’âge des nôtres. La sauce prend bien !

Le lendemain, on souffre quand même un peu des conséquences de cette soirée bien arrosée lors d’une nouvelle rando avec Alterego dans la pinède de Tamadaba. Mais là encore, les paysages à couper le souffle compensent largement le réveil douloureux !

Le 7 octobre, départ pour Tenerife. Il y est aussi difficile de trouver un abri pour mouiller. Un spot nous séduisait au nord de l’île mais il était tellement rouleur que nous décidons finalement de filer jusqu’au port de Santa Cruz. Amarrage sur pendilles, ce qu’on préfère. Et le lendemain Arthur doit plonger dans les eaux souillées du port pour décoincer des pendilles de notre hélice et du safran…

On profite de cet arrêt au port pour vérifier le bateau et parcourir les ships de Santa Cruz. Timothée a, de son côté, droit à une visite chez le coiffeur.

Là encore, on se régale de superbes randonnées dans des paysages époustouflants, en particulier dans le parc du Teide, une immense caldera de plusieurs kilomètres aux décors de science-fiction, et dans la forêt d’Anaga. Titouan se fait piquer son bracelet par un lézard pendant un pique-nique. Grosse déception mais le voleur a été super rapide !

On se balade également dans de jolies petites villes de montagne, La Orotava, San Cristobal de Laguna…

Nous descendons au sud de Tenerife à la marina San Miguel. Escale sans charme au milieu des resorts allemands. Ses seuls atouts : l’apéro sur Fusion et la proximité avec l’aéroport pour récupérer Gwenaël qui fera la traversée vers le Cap Vert avec nous.

On part ensuite sur l’île de la Gomera pour 2/3 nuits avant la traversée. En chemin, on aperçoit des globicéphales faisant la sieste. L’escale nous laissera également le temps de soigner Timothée, dont une blessure au genou s’est infectée. L’antibiotique a bien fonctionné, c’est royal d’avoir un doc à bord ! On se lance serein vers le Cap Vert.

Canaries : Etape 2 Fuerteventura

Comme à Lanzarote avec La Graciosa, nous commençons notre périple à Fuerteventura en douceur, par une petite île « sauvage » avant de s’attaquer à la grande île. La Isla de Lobos, c’est un mouillage très sympathique, où l’on retrouve des bateaux copains (Nawaks et Alterego), un volcan qu’on gravit en tribu, une petite séance de kite et quelques apéros sympathiques dont un à 15 sur Girotondo, dont 8 gamins. Ça passe !!!

On accueille ensuite Sophie à Corralejo. Trop sympa de partager avec elle 5 jours à bord. Au programme du 1er jour : balade dans les dunes, première paëlla pour Titouan (merci Sophie d’avoir partagé avec lui!), et une nuit sur place avec un mouillage qui roule et le passage régulier des ferrys, idéal comme amarinage !

Le lendemain, cap au sud pour aller mouiller à Las Playitas, joli petit port de pêcheurs. On y mange du bon poisson, on y croise Fusion (autre bateau de copains) et on y fête l’anniversaire de Timothée ! Au menu : pâtes aux cèpes, gâteau aux noisettes et pépites de chocolat. En cadeau, un maillot de l’équipe de France (son rêve depuis des mois… no comment !) et un voilier en carton réalisé par ses frères pour les Playmo. Hyper content le bonhomme !

On continue à descendre vers le Sud jusqu’à Morro Jable, où on nage autour du bateau avec une raie géante. Enfin, nous, on l’a trouvée géante cette première raie !

On doit dire au revoir à Sophie (merci pour ta visite, petite sœur!) et on se console en louant une voiture et en parcourant l’intérieur de Fuerteventura. C’est sec, aride, rocheux, mais de très beaux paysages qui passent du jaune à l’ocre, au noir… On se balade dans ce qui doit être le seul lieu « vert » de l’île, le Barranco de Los Molinos. Un ravin creusé dans la roche où coule un petite ruisseau maigrichon. On entraperçoit le vautour égyptien qui y niche. Puis on se baigne sur la plage de sable noir du Puertito de Los Molinos au bout de ce ravin. De ce côté (la côte Ouest), les falaises sont abruptes et les vagues beaucoup plus fortes.

Après un déjeuner dans la jolie Betancuria, la capitale historique de l’île, on découvre l’après midi, le meilleur souvenir de Fuerteventura des enfants : l’écureuil de barbarie ! C’est mignon tout plein, ça vient manger dans la main. Mais, en réalité, c’est un nuisible importé du Maroc qui crée quelques soucis aux agriculteurs de l’île (qui objectivement doivent sacrément lutter pour faire pousser quelque chose sur ce caillou !).

On finit par Ajuy, nouveau petit port de pêche sur la côte Ouest. On se balade le long de falaises noires et blanches, on y retrouve l’écureuil de barbarie ! Et on explore des grottes utilisées dans le temps par les pirates pour cacher leurs butins !

Une dernière nuit au port de Morro Jable avant de rejoindre Gran Canaria, prochaine étape de notre périple aux Canaries, qui devrait être un peu plus verdoyante.

Canaries : Etape 1 Lanzarote

Nous quittons l’Algarve le 5 septembre. Une grosse barre nuageuse va générer quelques heure plus tard un bon coup de vent avec des rafales à plus de 30 nœuds, qui ne plaira pas à tout le monde sur le bateau.

Puis vont s’enchaîner plusieurs jours de petits vents. On avance un peu lentement d’autant plus que le tube de l’enrouleur de génois s’est dévissé risquant de déchirer la voile, et qu’on navigue donc uniquement avec la trinquette.

Nous mettrons donc 5 jours à traverser assez tranquillement. L’occasion de voir de nombreux dauphins et de s’améliorer dans nos préparations de pains maison.

Le 4e jour, Arthur, Titouan et Timothée profitent de la pétole pour se baigner et se laver. Et voilà qu’à peine 1 minute après le retour à bord de Timothée, un beau rorqual d’une dizaine de mètres vient nous rendre visite. Il restera 15-20 minutes à côté de nous apparaissant et disparaissant. Très impressionnant !

On est tout de même content au bout de presque 6 jours de voir enfin les premières îles des Canaries !

Première escale à La Graciosa, au nord de Lanzarote. Minuscule île quasi sauvage. Des paysages magnifiques. Un mouillage très sympa où on fait connaissance avec Nawaks, un couple de Malouins et leurs 2 filles de 9 et 6 ans avec qui les garçons accrochent carrément.

On descend ensuite la côte de Lanzarote : mouillage à Arrieta, port à Arrecife puis nouveau mouillage à Playa Blanca. On croise de nouveaux bateaux : Fusion, Alter Ego, Inuksuit… On se fait plusieurs fois des apéros à 15 dont 8 gamins. Ça passe sur Girotondo mais il faut avouer qu’on est plus confort, dans ces cas, sur les gros catas !!

A Lanzarote, on s’est régalé des paysages et des visites : petits villages de pêcheurs, grotte de Cueva de Los Verdes, maison de César Manrique (artiste de Lanzarote qui a beaucoup fait pour la préservation et la mise en valeur de son ile), parc de Timanfaya (exceptionnel), jardin de cactus, village de Teguise….

Sinon la vie à bord suit son cours. On continue l’école dans la joie et la bonne humeur (bien sûr), on bricole (sur le pont ou en haut du mat), on profite de certains bateaux super équipés (merci Nawaks et son Tiwal), on cuisine, on fait des cabanes…

Bref tout va bien.

On vient d’accueillir Sophie qui nous rejoint pour la découverte de Fuerteventura.

On vous racontera tout ça (plus ou moins vite, vous nous connaissez !)

Portugal (suite) : Lisbonne et l’Algarve

Après Porto, nous avons navigué jusqu’à Cascais où nous nous sommes posés une grosse semaine pour découvrir Lisbonne et ses alentours. Nous y avons retrouvé Anne-Françoise et Batiste pour une sympathique soirée « nantaise ».

Arthur a profité de cette escale pour s’échapper quelques jours du bateau et célébrer comme il se doit le mariage de l’année. Pendant ce temps, nous avons organisé quelques séances de plage et une excursion à l ‘aquarium de Lisbonne. L’occasion de découvrir la partie immergée des poissons-lune (rencontrés dans le Golfe de Gascogne), que nous ne soupçonnions pas aussi grands !!

Cette étape durant un peu plus longtemps que prévu (ce vent qui ne veut jamais être au rendez-vous…), nous avons organisé une rentrée scolaire en avant-première le 25 août ! Ça nous autorisera à avancer les vacances de la Toussaint quand on aura plutôt envie de crapahuter sur les îles des Canaries ! Si les début étaient prometteurs, les séances suivantes sont légèrement plus complexes. Il va falloir qu’on travaille la concentration, les collages ou coloriages de Balthazar ont l’air de captiver les CE2 et CM2…

L’avantage de l’école sur le bateau, c’est que la récréation commence à 11h et dure jusqu’au soir. Et qu’on peut ainsi aller explorer Lisbonne encore et encore. Et on a adoré ça ! On s’est même découvert une passion pour les façades décorées des rues lisboètes…

Puis nous avons enfin pu nous lancer vers le Sud avec une très agréable navigation d’une centaine de miles pour rejoindre l’Algarve.

Avec le passage du Cabo Sao Vicente :

L’Algarve, ce sont des côtes blanches ou rouges découpées, voire sculptées, où se succèdent des grottes et des ponts aux formes spectaculaires. Nous y avons trouvé l’un de nos plus beaux mouillages, la plage de Beliche.

Suivent un mouillage (de jour) sur l’incroyable site de Ponta da Piedade, puis un autre en face de Ferragudo, un charmant village de pêcheurs, malheureusement encadré de stations balnéaires où le béton et les sonos hurlantes dominent…

Nous avons trouvé refuge à quelques miles en face de jolies falaises découpées pour fêter l’anniversaire d’Arthur, et attendons donc ici des vents favorables pour nous lancer dans notre navigation pour les Canaries.

Mais ça devrait aller, l’attente n’est pas trop difficile sur Girotondo !

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