Traverser l’Atlantique : Check !

Et voilà, c’est fait ! Après 14 jours de navigation sans voir une terre, nous voici arrivés de l’autre côté de l’Océan Atlantique ! On est contents, fatigués, fiers, émus, soulagés, excités… bref heureux !

Nous sommes donc partis de l’île de San Nicolau au Cap Vert le 1er décembre sous les cornes de brume d’Alterego et d’Aria, et la musique de « Go West » à fond (quel à propos cette playlist!). On se console de l’absence d’Antoine et Charlie comme on peut…

Quelques minutes après le départ, nous traversons un banc d’une cinquantaine de dauphins qui, pendant un bon moment, nous accompagnent et jouent les acrobates autour du bateau. Des bonds, des saltos comme jamais nous n’en avions vus… On se sent remontés à bloc et sous de bons auspices pour démarrer cette transat. Deux heures plus tard, la manille de la drisse de la trinquette pète. Finalement mieux vaut ne pas se fier aux signes. On enroule en vitesse. Bon on ne naviguera qu’avec le génois… A priori on ne devrait pas avoir de gros coups de vent mais c’est quand même un peu gênant, il ne faudrait pas qu’on ait de souci avec le génois !

Les premiers jours nous avons eu une mer assez forte et un ciel plutôt gris. Ça bouge pas mal dans le bateau mais tout le monde s’amarine bien. Et nous n’aurons aucune malade de la traversée. Le vent est bien établi entre 17 et 20 nœuds, et on avance donc très bien. Petits surfs de 12 nœuds. Le skipper est content !

La petite routine s’installe : petit déjeuner avec pain maison, pancakes (merci Meltem pour la bonne idée!) ou quatre-quart, reprise de l’école le matin, petit texto satellite avec Aria pour échanger sur le menu du soir… On regarde un film un jour sur deux, on cuisine (même si c’est toujours un peu sport avec ces vagues!), on fabrique des masques, on dessine des cadavres exquis… Les garçons ont trouvé leur rythme : ils jouent beaucoup tous les 3, transforment le carré en cabane ou en stations de ski, font des courses de vélo sur la table du cockpit, lisent pas mal… Les nuits s’enchaînent avec leur quarts sous les étoiles. Nos plages de sommeil pendant les quarts s’allongent au fur et à mesure que l’on s’éloigne des côtes.

On reçoit quelques news d’autres bateaux copains en transat également. Tous sont un peu secoués par les vagues mais tout le monde va bien. On apprécie aussi beaucoup les petits mails reçus de France, seuls liens avec le monde extérieur, sinon on est vraiment coupé de tout.

Petit coup de mou au niveau du vent et du moral à mi-parcours. 2/3 jours de molle (vent redescendu à 10 nœuds) nous dépriment un peu. Il faut accepter qu’on arrivera que le 15 ou le 16 alors qu’on pensait arriver le 14. La fatigue accumulée commence à se faire sentir aussi après 8 jours de nuits saccadées. Et côté parents, on commence à trouver le temps un peu long.

Mais la 2e partie de la traversée repasse vite dans la bonne humeur. Arthur se met à la philo (en réalité, il aura lu ce magazine 17 minutes le dernier jour !). Les garçons sont épanouis et vivent très bien la transat. Titouan nous affirmera qu’il ne s’est pas ennuyé une seconde. Ils étaient même prêts à prolonger ! On a réussi à finir le programme scolaire de la période. On s’avance donc un peu pour pouvoir profiter à fond des Antilles en arrivant. Instits et élèves auront mérité leurs vacances !

Côté bestiaire, nous n’aurons vu aucune grosse bestiole, en dehors de deux grands bancs de dauphins le premier jour. Par contre, c’est le festival des poissons volants. Tous les matins, il faut nettoyer le pont des 4 ou 5 cadavres de kamikazes échoués pendant la nuit. On se prendra même chacun à notre tour un poisson volant en plein thorax pendant qu’on barrait dans la nuit noire ! Surprenant et odorant !!! Même insatisfaction côté pêche : pas une touche alors qu’on a sorti la traîne quotidiennement jusqu’au jour 12 ! A la fin, on a lâché l’affaire car on ne pêchait que de la sargasse et toujours rien à se mettre sous la dent ! Assez désespérant, on fait pourtant tout comme les autres mais on reste maudit de la pêche…

Heureusement que l’avitaillement pré transat a été bien complet. Jusqu’au dernier jour nous aurons des légumes frais et nous avons à peine tapé dans les réserves de boites de conserve faites en Europe. Globalement on a même plutôt bien mangé (même si très végétarien à défaut de poissons, heureusement qu’on avait des réserves de chorizo!) : cakes, quiches, risotto, lasagnes, couscous, curry de légumes, focaccia,…

Côté navigation, on a eu quelques soucis à installer le tangon pour tenir un bon ciseau et filer en ligne direct vers la Martinique. On perd ainsi un peu de temps les deux premiers jours en étant contraints de descendre un peu trop au Sud. Arthur a pas mal bricolé et finit pas trouver l’installation idéale qui tiendra jusqu’à l’arrivée. On n’aura sorti le spi qu’une journée alors qu’on l’a porté tous les jours lors des autres traversées. Avec les vagues, difficile de le tenir et ça finit en magnifique coquetier. On est bon pour un ferlage complet. 150 m² de voile dans un carré d’une dizaine de m², ça passe !

L’avant dernier jour, on hisse les couleurs de la Martinique. L’excitation monte. On espère arriver le lendemain avant la nuit. On profite des derniers couchers de soleil, de la dernière nuit en navigation… Timothée scrute l’horizon. La vue de la terre au jour 14 est un moment assez exceptionnel. On danse à bord sur nos tubes italiens. On arrive à Sainte Anne juste avant le coucher du soleil. Champagne et rhum cap verdien pour fêter l’arrivée… Joie de faire enfin une nuit sans réveil ! A la Martinique, on retrouve pas mal de bateaux connus. Et la tribu du Jeu devrait débarquer d’ici peu. On va essayer de se mettre dans l’esprit Noël. Pour l’instant, on s’en sent très loin !

Quelques chiffres :

Distance : 2.230 milles parcourus (5.200 depuis le 22 juillet)

Vitesse : 6,5 nœuds de moyenne

Bateau vu pendant la traversée : 1 (au 3e jour, un voilier sous grand voile seule, on papote un peu à la VHF puis on le dépasse)

Douche prise en 15 jours (ou plutôt seau d’eau de mer à l’arrière) : 3 pour les parents, 1 pour Titouan, 0 pour Tim et Balt

Poisson pêché : 0

Température de l’eau : 27,5 °C (ça c’est cadeau!)

5 commentaires sur « Traverser l’Atlantique : Check ! »

  1. BRAVO! CONGRATULATIONS!لكن تهانيّ يا (جير), FELICIDADES,Glückwunsch,Congratulazioni,祝贺
    Zhùhè…Vous l’avez FAIT! On est fier de vous, des enfants, du vent du qui vous a poussé, du bateau qui a tracé vers un autre continent. On est heureux pour vous, ravis de voir les bouilles des garçons qui respirent la joie et les embruns.
    Vous voilà de retour chez nous si l’on veut. J’espère que l’épidémie de covid qui flambe de nouveau ne vous empêchera de profiter des Antilles. surtout ne ratez pas en cette saison, les spectacles de chants de Noël qui fleurissent dans toutes les villes sur les podiums: ça décoiffe! J’ai fait un de mes derniers déplacements professionnels en cette saison en Guadeloupe et je garde un souvenir ému de ces spectacles joyeux, plein d’entrain et de ferveur ( accompagnés d’ un p’tit punch de préférence )
    Profitez, reposez vous après toutes ces émotions et ces nuits courtes.
    Retrouvez les vôtres et faites bien la fête.

    On vous embrasse très fort avant la citation du jour:
    « Tous les archipels sont des pays libres. mystérieux travail de la mer et du vent. » Victor Hugo l’archipel de la Manche
    Isabelle et Philippe

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  2. Salut Titouan, Je te souhaite un joyeux Noël sur votre bateau. Bravo pour cette aventure et merci pour le journal de bord. Un salut à Timothée et Balthalzar. Arthur🚣‍♂️🎄🎁

    Envoyé de mon iPhone

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  3. Bravo à tous !
    Une belle traversée qui doit vous rendre fiers. Ca fait du bien de lire vos aventures et nous met du baume au coeur en cette période hivernale un peu morose.
    C’est amusant de constater que l’équipage est de plus en plus serein sur la navigation et la maîtrise générale du bateau et de l’environnement avec les milles qui s’accumulent.
    Continuez à bien en profiter et nous informer de temps en temps car nous vivons votre périple par procuration.
    Bises

    Nicolas Ballif

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