En chemin vers Darwin…

Les premiers jours de cette navigation entre le Vanuatu et l’Australie sont, comme anticipé, malheureusement très mous. Cela nous rappelle le pot au noir du début du Pacifique avec ses mers d’huile. Mais il fait beaucoup plus chaud ici… Après 2-3 jours, le vent se lève enfin et on gagne notre rythme de croisière. Mais la mer monte aussi évidemment, et on se fait pas mal secouer.
Balthazar d’ailleurs va encore s’ouvrir la tête… pour la 4e fois depuis le départ de France ! Impossible de lui faire des points au milieu des cheveux et avec ces vagues. On opte pour la vilaine cicatrice de pirates bien cachée…

Après 11 jours de navigation, nous atteignons à l’aube la fameuse grande barrière de corail. On cherche une passe pour traverser le reef avec, en tête, les souvenirs parfois anxieux des passes des Tuamotus. Mais ici cela se fera tout en douceur sans mascaret ni vagues. A peine rentrés, on croise toutefois un énorme serpent de mer de 3-4 m de long. Nous voilà bienvenus en Australie !
Mais, quelques heures plus tard, alors qu’on navigue enfin dans une mer plus calme, la drosse de barre se casse ! (pour les non-initiés, il s’agit du câble qui relie les barres au safran, autant dire un élément assez fondamental pour pouvoir diriger son bateau !) On passe par quelques frayeurs le temps de reprendre le contrôle du bateau (nous sommes quand même au milieu de récifs coralliens de toute part!). Puis on cherche rapidement un mouillage pour se poser et réparer. Nos amis de Taravana qui naviguent avec nous depuis le départ du Vanuatu s’arrêtent gentiment aussi. C’est parti pour quelques heures de bricolage et réflexion sous le cagnard. Mais, malgré la chaleur et la beauté du mouillage, la baignade est formellement interdite. Un couple d’Australiens passés nous saluer nous informe des charmes du spot : requins, crocodiles marins de 6m et méduses mortelles. Ils nous conseillent sans plaisanter d’attendre l’Indonésie pour nous baigner ! Après 7 mois et demi dans le Pacifique sans avoir jamais ressenti le moindre danger, on comprend que ces Territoires du Nord vont être une autre histoire !
Après avoir réparé et pris une petite bière pour fêter ça (petite entorse à notre principe de navigation sans alcool), on repart au bout de quelques heures pour remonter vers le Nord et le Détroit de Torres.

Il nous reste encore une semaine de navigation pour rejoindre Darwin. Les derniers jours sont assez longs, le vent mollit sérieusement. Nous n’avons pas assez d’essence pour faire des journées entières au moteur alors on doit accepter cette lenteur. La chaleur est écrasante. Jamais nous n’avons autant souffert de la chaleur que lors de cette traversée. Les seaux d’eau de mer que nous nous balançons dessus ne parviennent même pas à nous rafraîchir tant la température de l’eau est élevée !
Heureusement cette navigation nous offre aussi de beaux moments, en particulier des levers et des couchers de soleil incroyables, les plus beaux depuis le début du voyage. On a même la chance de voir une éclipse de lune complète. Sublime spectacle. Arthur verra également une comète illuminer le ciel une nuit. La mer dArafura est très calme, d’un beau vert (dans le détroit de Torres il y a à peine 20 m de fond !). On y croise de vieux rafiots indonésiens ou papouasiens tout rouillés comme échappés d’un Corto Maltese… Les bancs de dauphins sont nombreux et joueurs. Et un beau thon aura la délicatesse de venir renouveler un peu les menus du bord ! Après avoir vu deux très gros requins fureter au cul du bateau, on maintient les seaux d’eau plutôt que de se laisser traîner à l’arrière du bateau comme on a pu le faire par le passé !

Nous arrivons enfin à Darwin après 19 jours en mer. Il était temps, les réservoirs sont tous au plus bas ! Malheureusement, c’est le week-end. Il nous faudra donc mouiller 48h devant le port avant de pouvoir faire monter les autorités australiennes à bord. Ça nous laisse le temps de fêter notre arrivée et de ranger et nettoyer à fond le bateau. Mais on a hâte de mettre pied à terre et de découvrir cette nouvelle destination…

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