Traversée du Pacifique : Check !

Et de 2 ! Deuxième océan traversé ! Et pas des moindres, le Pacifique…

Après 27 jours en mer, et 4200 milles parcourus, nous voici aux îles Marquises, sur l’île de Nuku Hiva précisément.

Nous avons quitté le Panama le 2 avril. Un petit vent et du courant nous ont plutôt lentement emmenés vers le sud pendant… 1 jour. Et puis plus rien ! Nous avons rencontré le fameux pot au noir.

Nous le savions, les prévisions météo n’étaient pas incroyables mais aucune fenêtre ne s’ouvrait avant plusieurs jours ; nous avions donc pris la décision de partir malgré tout. Autant attendre au large en avançant doucement qu’à l’arrêt dans la moiteur de la baie de Panama City au milieu des cargos.

Nous avons donc navigué piano piano sur un océan d’huile. La mer était vraiment extraordinaire. Nous voyions peu d’animaux, quelques requins dont deux nous font de jolis sauts au loin, des raies, une grosse tortue… et des rivières de déchets humains, longues parfois de plusieurs centaines de mètres…

Les nuits étaient zébrées d’éclairs à 360° autour de nous. Plusieurs fois, nous avons mis à l’abri dans le four ordinateur, VHF, téléphone et iridium pour les protéger en cas de foudre. Heureusement la foudre ne s’est jamais vraiment approchée, mais quelques quarts de nuits furent un peu stressants.

Au 6e jour, alors que nous sommes sommes à 150 milles des côtes, nous nous prenons à 3 reprises dans des filets de pêcheurs qui rasent l’eau. Il s’agit en réalité de traînes flottantes avec de gros calamars en appât. On récupère même une raie. Nous arrivons sans trop de difficulté à nous extraire de ces lignes.

Les oiseaux sont nombreux dans cette première partie de la traversée. Certains décident d’embarquer à bord. Après quelques tentatives laborieuses sur les barres de flèche, le bout dehors est adopté par un couple qui nous tiendra compagnie quelques jours. Certains oiseaux ont des pattes rouge vif, d’autres des becs bleu aux reflets roses.

Le 10 avril, à 7h du matin, nous passons l’équateur. Comme le veut la tradition, nous sortons le champagne et partageons quelques rasades avec Neptune et Girotondo. L’équipage y a droit aussi mais, avant le petit déjeuner, toute la bouteille n’y passera pas et sera gardée pour le dîner du soir.

Quelle émotion en tout cas de rejoindre l’hémisphère Sud dans lequel nous passerons les prochains mois…

Après avoir dépassé les Galapagos, nous rejoignons enfin les alizés. Vents au portant et réguliers, l’allure est plus agréable. Et nous atteignons une belle vitesse de croisière avec des moyennes de 190 milles par 24 heures. Les oiseaux se font plus rares. On aperçoit une fois quelques dauphins au loin mais qui ne s’approchent pas. Les journées se ressemblent mais nous avançons très bien. Spi le jour, génois la nuit. L’ambiance est bonne à bord. Les enfants sont très cools. On cuisine, on lit, on joue, on regarde des films… Un petit incident à déplorer avec la drisse de spi qui reste coincée en haut du mat. Arthur est hissé en tête, ça balance énormément mais il réussit à débloquer la drisse et redescend sans trop de heurts. On croise 2 catamarans avec lesquels on discute à la VHF. On tiendra le rythme face à un Outremer 60 pendant une journée, nous sous spi, eux avec un ris dans la GV (problème de lattes). Malheureusement ils rattraperont notre avance durement gagnée en quelques heures une fois notre spi affalé pour la nuit ! Un bord très sympa malgré tout au milieu de cet océan vide.

Chaque fin de journée nous offre un beau coucher de soleils avant l’apparition de ciels étoilés magnifiques…

Au 22e jour, nous changeons de plan. Nous avions prévu d’arriver à Fatu Hiva dans la mythique Baie des Vierges. Mais depuis le covid, le règlement oblige à arriver à Nuku Hiva au nord de l’archipel. Un bateau de copains quelques milles devant nous a pris la même décision et nous partageons l’envie de fêter ensemble l’arrivée après presque un mois dans notre huis-clos !

On change donc légèrement de cap avec des voiles en ciseau. Il nous reste 750 mn avant l’arrivée, on se projette déjà…

Mais, le soir même, à minuit et demi, Arthur me réveille. La bôme s’est brisée en deux. Pourtant nous n’avons pas empanné, et le vent est modéré (une quinzaine de nœuds). C’est assez incompréhensible. Il nous faut rapidement affaler la grand-voile et descendre la bôme. Les derniers jours se font donc à un rythme un peu plus ralenti. On garde le moral. D’étranges dauphins noirs à la tête arrondie (dauphins d’Irrawaddy nous dit notre encyclopédie marine sur pattes aka Titouan) viennent nous changer les idées en sautant à côté du bateau. Puis nous fêtons comme il se doit les 11 ans de notre premier marin. Ses frères lui ont fabriqué des cadeaux faits maison, profitant du temps disponible : collier de coquillage, personnages en bouchons de liège, peintures, éventail en papier et un bel avion en carton pour les playmobils.

Il va maintenant nous falloir trouver une nouvelle bôme, la faire livrer quelque part et regréer tout ça, ce qui risque de prendre beaucoup de temps…

Le cadre dans lequel nous allons évoluer ces prochaines semaines devraient rendre plus doux ce coup du sort. Comme disait un américain rencontré aux San Blas, « sailing, it’s fixing stuff in paradise »… On y est !

(5 bome anniv arrivée)

NB : Les garçons ont profité de la traversée pour écrire une page de présentation de l’équipage accessible ici : L’équipage – GIROTONDO (travel.blog)

3 commentaires sur « Traversée du Pacifique : Check ! »

  1. salut les amis!
    ça fait tellement plaisir de lire votre épopée bleue du fin fond de notre terre même pas verte tellement il fait sec!
    bravo pour ces 27 jours de navigation (on s’y revoit l’année dernière et on aurait bien envie de repartir mais ça y est le bateau est vendu, snif…)
    la tuile cette bome qui lache à quelques jours de l’arrivée, c’est au niveau du frein de bôme que ça a cassé?
    bon courage pour la réparer aux Marquises! si vous avez besoin de contact sur place, on a des copains qui y ont passé un an et qui sont très bricoleurs, ils connaissent sûrement des gars qui pourraient vous aider à manchonner ou souder. Ils ont
    désormais à Tahiti mais je peux les contacter facilement par mail ou FB.
    profitez bien de cette nouvelle escale magique et à bientôt!

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  2. Quelle formidable expérience ! Merci de nous permettre de la partager . Trop sympa le portrait de l’équipage par les garçons. On vous embrasse fort Ingrid et Loïc

    Envoyé de mon iPhone

    >

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  3. Je renvoie ce mail , je ne sais pas s’il vous a déjà atteint, il m’est revenu, alors bis répétita!

    Salut jeunesse intrépide et victorieuse des vents contraires

    Bravo (encore) pour avoir gagné le plus beau défi: celui d’affronter l’inconnu.Vous nous faites rêver, merci, merci et merci encore, on retrouve nos âmes d’enfants quand on lisait des romans d’aventures.
    Vous voilà dans les îles dont Brel a chanté la langueur. Seuls les nonos, terribles moustiques locaux, qui dévorent la chair humaine comme les cowsboys s’attaquent à leurs steaks risquent de vous faire regretter les climats tempérés. Pour le reste, dégustez à votre tour…
    Voici quelques mots de parler local qui vous permettront de passer ( presque) pour des marquisiens

    Bonjour:Iaorana
    Merci : Maruuru( le u se prononce ou, soit marourou)
    A ta santé: Manuia
    Repas traditionnel tahitien: Maà ( généralement le repas)Tahiti
    Alcool traditionnel: Kava( à boire avec modération)comme le paka, cannibas local( à fumer quand on est sur la terre ferme)
    Gauguines: hôtesses d’accueil à bord du paquebot paul Gauguin, au cas où vous en croiseriez
    Fiu: ennuyeux, pénible, lassant. Vous l’entendrez très souvent. Les gens sont très « fiou »dans les îles, faut quand même se reposer.
    Péapéa: problèmes, mais dans les îles c’est toujours « aïta péapéa » y’a pas de problèmes.
    Bon je vais arrêter là sinon vous allez être fiu
    J’ai beaucoup aimé l’écriture des garçons, je m’étais promis de leur répondre à Noël quand ils ont écrit leurs impressions et puis bien sûr, le temps a filé. Ils ont bien répondu à la contrainte que vous leur avez proposé, le portrait de chacun qui aime et qui aime pas.Je vais tâcher de leur écrire cette fois.
    Je termine comme il se doit par une citation:
    « Quand on a accompli quelque d’heureux en mer, petite croisière ou grand raid, cap Horn ou îles d’Hyères, c’est d’abord parce qu’on a évité de faire ce qu’il ne fallait pas faire. C’est ensuite parce ce qu’on a fait ce qu’il fallait faire. C’est enfin parce que la mer l’a permis. » Jean François Deniau La mer est ronde
    Nous vous embrassons tous très fort et bon séjour aux marquises.
    Isabelle et philippe Blanchard

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