Pacifique, nous voilà !

Le séjour au Panama se poursuit par une semaine de bricolage à Shelter Bay Marina, juste à l’entrée du canal. Le paysage change : désormais les gros cargos et porte-containers remplaceront les voiliers ! Etrange de cotoyer ces énormes monstres de si près.

On finit par régler le problème de mèche de safran, remplacer la drosse de barre arrivée plutôt rapidement de France, et découvrir un nouveau problème : l’explosion d’une boite de conserve de fruits au sirop a tué notre pompe à eau douce !

Les gars passent leur journée à la piscine de la marina et découvrent qu’il n’y a pas que des enfants français dans la communauté des navigateurs. Ici Américains et Allemands dominent largement, çà nous change ! Ils sont même conviés aux 10 ans d’un petit hongrois-sud-africain qui vit sur son bateau depuis sa naissance. On rencontre aussi de nouveaux équipages, français, américains et suédois, qui font route vers le Pacifique comme nous.

Encore une fois, la marina est entourée de jungle et il ne faut marcher que quelques minutes pour découvrir, dans les ruines des bâtiments laissés par les Américains, singes hurleurs, capucins, agoutis, koati… Il nous manquera les paresseux et les fourmiliers que nous n’aurons pas débusqués, dommage mais c’est déjà pas mal ! (Edit : on a vu un paresseux quelques jours plus tard à côté de Panama City, ouf!)

Nous avons profité de cet arrêt forcé pour aller visiter la capitale Panama City. Le contraste entre le Casco Viejo, ancien quartier colonial, et la ville moderne aux nombreux gratte-ciel est saisissant. Le cœur historique, s’il nous permet de visiter le passionnant Musée du Canal, est un brin trop propret et quasiment dénué d’habitants. Un quartier destiné aux touristes et aux porte-feuilles bien garnis (ils sont loin nos restos chéris et bon marché du Cap-Vert!). Dès qu’on le quitte, la vie grouille. Après le marché aux poissons, on se promène le long de l’Océan Pacifique qui porte bien son nom… On espère qu’on aura quand même un peu de vent car là c’est un peu trop calme !

Et puis le grand jour arrive : nous passons le Canal de Panama le week-end du 26-27 mars. Cerise sur le gâteau, Manu débarque du Mexique pour faire cette étape avec nous !

Le passage se fait sur deux jours. A bord nous ont rejoint deux handliners panaméens (ce sont des saisonniers du canal qui font des aller-retours sur les bateaux en transit car le canal exige 4 adultes à bord pour manipuler les amarres). Ils partagent la vie sur le bateau, repas et dorment la nuit sur le pont (enfin jusqu’à ce qu’il se mette à pleuvoir à torrent !)

Nous accueillons aussi à bord chaque jour un pilote du canal. C’est lui qui organise le passage des écluses, reste en contact avec les éclusiers à quai et coordonne les manœuvres. Ils n’ont pas une très bonne réputation. Nous sommes, pour notre part, tombés sur deux supers pilotes, aimables, professionnels…

Le premier jour, nous passons une écluse composée de 3 chambres côté Atlantique. Nous devons nous mettre à couple avec un voilier d’Anglais, et nous glissons derrière un beau cargo. On monte progressivement pour atteindre 26 mètres au dessus du niveau de la mer. Nous passons la nuit sur le Lac Gatun, un immense lac artificiel, amarré à une énorme bouée chopée au lasso.

Pendant la nuit, la pluie s’installe durablement, et elle continue le lendemain alors que nous parcourons une trentaine de miles pour atteindre les écluses côté Pacifique. Cette fois-ci nous sommes à couple à 3 voiliers, entre un Américain et un Anglais. Le cargo derrière nous est encore plus gros que le jour précédent. Il fait 106 pieds de large alors que les chambres des écluses ne font que 110 pieds de large ! Impressionnant !

Depuis la France, nos familles suivent nos progressions sur les webcams du canal. C’est assez émouvant de les savoir nous suivre en direct…

Enfin la dernière écluse s’ouvre sur le Pacifique ! Applaudissements et cris de joie fusent, sous les caméras live des bloggeuses américaines qui ne lâchent pas leurs téléphones depuis des heures…

Les voiliers se séparent, chacun reprend sa route, handliners et pilote quittent le bord. Et il faut déjà laisser partir Manu. C’était assez exceptionnel de partager avec lui cette étape assez forte de notre voyage.

Nous sommes désormais à quelques milles de Panama City sur l’île de Taboga. L’eau est infestée de méduses mais on y est mieux que dans la baie de la capitale pour attendre une fenêtre météo propice au grand départ pour la transpacifique. La navigation qui s’annonce sera la plus longue de notre voyage, un bon mois… Les enfants ont l’air plus sereins que nous pour appréhender cette longue traversée ! Le début sera sans doute laborieux, le fameux pot au noir. Mais au bout du chemin, la perspective des Marquises nous fait vibrer…

Comme pour l’Atlantique, téléphone et mails seront au placard mais on ressort la liaison satellite. Donc n’hésitez pas à nous envoyer un mail sur : girotondo@myiridium.net On sera ravis de vous lire pendant nos quarts de nuit. Et toujours la même consigne : ni photo, ni video, ni même emoticons ou signature dans les mails. Merci.

A très vite de l’autre côté !!!

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